6 itinéraires cyclables en Indre-et-Loire pour pédaler hors des sentiers battus
7 septembre 2026 · La rédaction de Sortir en Centre-Val de Loire · Indre-et-Loire
En Indre-et-Loire, les boucles à vélo ne se contentent pas de relier des points d’intérêt : elles racontent des histoires, des paysages et des humeurs. Voici six parcours où la selle devient un poste d’observation privilégié, du plus discret au plus royal.
1. À l’ombre des clochers - Circuit n°55 (Varennes)
Ici, le vélo se fait complice d’une Touraine secrète, celle des vallons où les clochers percent à peine la canopée. Pas de château flamboyant ni de village labellisé, juste une succession de hameaux aux pierres blondes et de champs qui ondulent comme une mer immobile. Le parcours joue la carte de la lenteur : on s’arrête pour écouter le vent dans les peupliers, on compte les ponts de pierre sur les ruisseaux, et on se surprend à ralentir devant une ferme dont les volets bleus jurent avec le vert des prés. La campagne n’est pas un décor, elle est l’unique raison de pédaler.
2. De Chêne et d’Eau - Circuit n°5 (Chemillé-sur-Indrois)
L’étang du Pas-aux-Ânes n’est pas un simple plan d’eau, c’est une parenthèse. Trente-cinq hectares d’eau calme où les pédalos tracent des sillons éphémères entre les nénuphars, tandis que les cyclistes contournent la rive en suivant les chênes centenaires. Le parcours évite soigneusement les boucles trop balisées : il plonge dans la forêt domaniale, longe des clairières où les enfants guettent les libellules, et débouche sur des aires de pique-nique ombragées comme des salons de plein air. On y vient pour l’eau, on y reste pour le silence.
3. Sur les traces de Rabelais (Seuilly)
Pas de panneaux didactiques ni de bornes interactives : ce circuit mise sur l’imagination. Les collines de Seuilly, avec leurs vignes en terrasse et leurs chemins creux, sont le décor exact des *Gargantua* et *Pantagruel*. On pédale en cherchant la dive bouteille entre les murets de pierre, on s’arrête devant une ferme dont le nom évoque un personnage rabelaisien, et on se surprend à murmurer des extraits en croisant un troupeau de moutons. Le paysage n’est pas spectaculaire, mais il est *parlant* : chaque virage semble sorti d’un chapitre du roman.
4. Circuits des 3 rivières - Circuit n°10 (Le Grand-Pressigny)
Ce parcours est une leçon d’équilibre. D’un côté, le musée de la Préhistoire, logé dans un château Renaissance, où les silex taillés côtoient les fresques du XVIe siècle. De l’autre, les berges de la Claise, bordées de saules pleureurs, où l’on devine encore les traces des moulins à eau. Entre les deux, des kilomètres de routes blanches qui serpentent entre les champs de blé et les bosquets. Le vélo devient un trait d’union entre deux époques : celle des chasseurs-cueilleurs et celle des paysans tourangeaux. La culture n’est pas un prétexte, elle est le fil rouge d’une balade où l’on alterne entre émerveillement et effort.
5. Route des trésors - Boucle n°6/n°7 (Montrésor)
Montrésor est un village trop souvent réduit à sa carte postale : le château, l’Indrois, les ruelles pavées. Mais le circuit vélo révèle une autre facette du lieu : celle d’un territoire où les trésors se cachent à quelques coups de pédale. Après le bourg, la campagne s’ouvre sur des fermes isolées, des granges aux toits de tuiles moussues, et des champs où paissent des vaches de race locale. Le parcours joue avec les attentes : il commence par le cliché (le village classé) pour mieux le déconstruire en plongeant dans l’arrière-pays, où les seuls visiteurs sont les tracteurs et les hirondelles. Le vrai trésor, c’est cette campagne qui résiste au tourisme de masse.
6. L’échappée royale - Boucle vélo n°1 (Loches)
Ici, le vélo devient un accessoire de cour. Le départ se fait depuis la cité royale de Loches, où les remparts et les logis médiévaux rappellent que les rois de France y ont résidé. Puis la boucle s’échappe vers Beaulieu-lès-Loches, où l’abbaye bénédictine impose son silence de pierre. Mais le clou du parcours, c’est la forêt : des allées rectilignes où les chênes centenaires forment une nef végétale, des clairières où l’on imagine aisément les équipages de chasse s’élancer. Le retour à Loches, par les ruelles étroites, donne l’impression de refermer une parenthèse historique. On ne visite pas la Touraine royale, on la *parcourt* comme un souverain en promenade.